L’alimentation en Classe Verte

L’alimentation est un pilier central des Classes Vertes. « Bien manger, c’est atteindre le bonheur par le goût » a dit Jean Anthelme Brillat-Savarin

Le sujet revient souvent dans les attentes des participants : l’envie de bien manger, suffisamment, mais pas trop non plus, juste assez pour se sentir bien.

Je suis convaincue que les Classes Vertes sont le bon endroit pour sensibiliser, inspirer et donner envie de mieux manger.

C’est le témoignage d’une participante à une Classe Verte dans le questionnaire de feedback. On n’est pas là pour stigmatiser ni bousculer, plutôt pour éveiller une conscience et montrer, pour certain.es, un autre type d’alimentation.

Pendant les Classes Vertes, nous proposons qu’un repas sur 2 au minimum soit végétarien. Parfois c’est même 100%. Il y a toujours 1 ou 2 participant.es qui sont dérangé.es et qui trouvent cela pénible.

Pourtant, on essaie de le faire quand même ! Pourquoi ?

L’impact : pourquoi ce choix fait la différence ?

—> Pour réduire notre empreinte carbone

Pourquoi faut-il réduire le CO2, déjà ? Pour limiter le réchauffement climatique. Nous devons réduire nos émissions carbone : de 10 tonnes aujourd’hui à 2 tonnes d’ici 2050, par personne. Soit diviser par 5. Le chemin est long, mais il est pratiquable !

Source : le média indépendant Bon Pote

Quel est le rapport entre CO2 et alimentation végétarienne ?

  • Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, l’élevage représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre – soit autant que le secteur du transport !
  • Les émissions mondiales liées à l’élevage se décomposent comme suit, d’après les données de l’Organisation mondiale des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture :
    • 50 % de méthane, issu de la fermentation entérique des ruminants, du lisier/fumier et du riz (dans les cultures de riz utilisées pour l’alimentation animale).
    • 25 % de CO2 lié aux changements d’affectation des terres (principalement la déforestation pour le soja et l’extension des pâtures) et à l’utilisation d’énergies fossiles (notamment pour les tracteurs, le transport, le chauffage des bâtiments ou et l’utilisation des machines.
    • 25 % de protoxyde d’azote (N20) lié aux engrais utilisés sur les cultures destinées à l’alimentation animale et lié au lisier/fumier.
  • L’élevage est donc un contributeur important à travers deux gaz à effet de serre moins connus que le dioxyde de carbone (CO2) mais tout aussi néfastes, si ce n’est davantage : le protoxyde d’azote et le méthane. Ce dernier a un pouvoir de réchauffement 28 fois plus élevé que celui du CO2 et serait responsable d’environ 20 % de l’accroissement de la température (+ 1 ºC) observé au cours du siècle…

Ainsi, un repas végétarien a un impact CO₂ beaucoup, beaucoup plus bas qu’un repas contenant de la viande.

Source : site de l’ADEME

Voici les ordres de grandeur des émissions de GES liées à la production de notre alimentation, afin de prendre conscience de son impact :

Source : Bon Pote

—> Pour réduire la consommation d’eau

  • Produire 1 steak de bœuf de 150g nécessite environ 2 400 litres d’eau.
  • En comparaison, 1 portion de lentilles demande seulement 50 litres.
  • Par personne : en remplaçant 3 repas carnés par des repas végétariens, une personne économise environ 3 000 à 4 000 L d’eau par jour

—> Pour préserver la biodiversité et les ressources naturelles 🌱

  • Près de 40 % des céréales produites et récoltées dans le monde servent à nourrir le bétail. Source : Le Monde
    L’élevage occupe 77 % des terres dans le monde : soit pour le pâturage des animaux, soit pour cultiver des céréales pour les nourrir.
  • En termes de surface, produire 1 kg de lentilles nécessite 18 fois moins de terre que produire 1 kg de bœuf.
  • La production de viande est donc responsable de 80% de la déforestation mondiale : les arbres sont arrachés pour transformer ces zones en zones cultivées pour produire l’alimentation animale
  • Exemple —> la forêt amazonienne est peu à peu détruite pour être remplacée par des cultures de soja pour l’alimentation bovine. Pour rappel, le soja cultivé intensivement en Amérique latine ne sert pas à faire du tofu ou de la sauce soja, mais à l’alimentation animale pour 70-90%. Source : Greenpeace France

Adopter une alimentation végétarienne même temporairement permet de réduire la pression sur les écosystèmes et de préserver des terres agricoles qui peuvent alors servir à cultiver des céréales, légumineuses, légumes pour nourrir la population humaine.

—> Impact sur la santé et l’énergie

Contrairement aux idées reçues, un repas végétarien équilibré apporte autant de protéines qu’un repas classique, avec généralement moins de graisses et plus de fibres.

Une très large étude montre que la viande transformée et la viande rouge – dont le porc – augmentent les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. Source : Reporterre

Lors des classes vertes, les participants remarquent :

  • Moins de digestion lourde après les repas 🍽️
  • Plus d’énergie pour les activités outdoor 🏃‍♂️
  • Découverte de nouvelles saveurs surprenantes et gourmandes 😋

J’adore la viande et je ne peux pas arrêter complètement d’en manger : que faire ?

—> Réduire

Saviez-vous que si une personne mange végétarien seulement un jour par semaine pendant un an, elle réduit son empreinte carbone alimentaire de 6 à 10% ?

Commencer par réduire est une bonne première étape, par exemple en mangeant de la viande…

  • Seulement le week-end
  • Seulement au restaurant
  • 1 repas sur deux

—> Consommer de la viande locale

Comme le dit Réseau Action Climat, suite à la crise sanitaire, un nombre croissant de Français a cherché à manger des aliments produits localement pour une meilleure souveraineté alimentaire et dans un souci de solidarité avec les agriculteurs de leur territoire. Privilégier les produits locaux présente en effet de multiples vertus :

  • Soutenir la structuration des filières agricoles, maintenir et créer des emplois non délocalisables et ainsi redynamiser les territoires
  • Améliorer l’autosuffisance et la résilience des systèmes de production et de distribution alimentaires, notamment territoriaux, face aux crises
  • Favoriser le respect des normes environnementales, sanitaires et sociales françaises et européennes, et éviter l’importation de denrées dont les modes de production ont recours à des substances interdites dans l’Union Européenne
  • Faciliter la traçabilité des produits alimentaires et réduire les risques de falsification et d’exposition à des contaminants lors du stockage et du transport des denrées ;
  • Favoriser les produits de saison, essentiels pour préserver le climat et la biodiversité, et préserver la fraîcheur des produits alimentaires.

Toutefois, la majorité des impacts environnementaux de l’alimentation sont indépendants de la distance et du transport. La phase de production agricole concentre ainsi, en moyenne 90% des impacts environnementaux des produits d’origine animal.  Consommer localement n’est pas ce qui a le plus d’impact pour réduire l’empreinte environnementale de notre alimentation.

Source : Réseau Action Climat

Kézako le circuit court ? C’est un circuit avec zéro ou un intermédiaire
entre le producteur et le consommateur. Un circuit de proximité est caractérisé par une faible distance entre le producteur et le consommateur.

Où ça se trouve ? Achat à la ferme ou dans des magasins collectifs d’agriculteurs, s’organiser à plusieurs pour acheter en gros, paniers Bio (de plus en plus de solutions existent pour être livré en paniers bio hebdomadaires) ou encore adhérer à une AMAP.

—> Porter attention au modèle d’élevage

Pour réduire les impacts environnementaux de son alimentation, il est enfin crucial de privilégier les produits issus de modèles agricoles durables :

  • agriculture biologique
  • agroécologie
  • élevage biologique ou plein air
  • élevage herbager extensif en ce qui concerne les ruminants

Et… autant que possible, de circuits courts de proximité.

Saviez-vous qu’1 kilo de bœuf bio émet 1/3 de moins de gaz à effet de serre qu’un kilo en production conventionnelle ?

L’augmentation de l’agriculture biologique participe à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Car cette pratique interdit notamment d’utiliser des produits de synthèse comme les pesticides et les engrais azotés (dont la production, l’importation et l’utilisation représentent une très grosse part des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture conventionnelle, comme vu plus haut).

Pour comprendre enfin les différents labels agricoles, rendez-vous en page 10 :

—> Limiter le boeuf

Émissions de CO₂ par kg de viande produite (Source : Poore & Nemecek, Science, 2018)
AlimentÉmissions CO₂e (kg par kg produit)
Bœuf60 kg CO₂e 🌍🔥
Agneau/Mouton24 kg CO₂e
Fromage24 kg CO₂e
Porc7 kg CO₂e
Poulet6 kg CO₂e
Œufs4,5 kg CO₂e
Tofu3 kg CO₂e
Légumineuses0,9 kg CO₂e 🌱✅

Consommation d’eau par kilo de viande produite

AlimentConsommation d’eau (L/kg)
Bœuf15 400 L 💧🚨
Agneau/Mouton10 400 L
Porc6 000 L
Poulet4 300 L
Œufs3 300 L
Légumineuses1 250 L 🌱✅

Un steak de 200g consomme autant d’eau qu’une douche de 2 heures !

Utilisation des terres agricole (Source : Poore & Nemecek, Science, 2018)
AlimentSurface utilisée (m²/kg produit)
Bœuf326 m² 🏞️🚜
Agneau/Mouton185 m²
Porc17 m²
Poulet12 m²
Légumineuses1 m² 🌱✅

Le bœuf utilise plus de 300 fois plus de surface agricole que les légumineuses ! Réduire sa consommation de viande libère des terres pour la biodiversité.

Le bœuf est donc de loin la viande la plus polluante, la plus gourmande en eau et en terres agricoles. Passer à des alternatives comme le poulet ou le porc réduit déjà fortement l’empreinte écologique. Pour aller plus loin, les protéines végétales (lentilles, pois chiches, haricots) sont les plus écologiques.

Ressources

  • Simulateur de l’impact carbone de notre alimentation —> https://impactco2.fr/outils/alimentation#simulateur
  • Pour en apprendre plus sur les enjeux de l’alimentation et découvrir plein de solutions enthousiasmantes, je vous invite à parcourir ce super guide :

Passer à l’action : idées de recettes faciles et savoureuses

Manger plus responsable et plus végétarien, ce n’est pas juste bien… C’est surtout très bon !

  • Pour être sûrs de manger de saison : le calendrier des fruits et légumes
  • Des comptes Instagram avec plein d’idées de plats végétariens :
    • Hervé Cuisine
    • La série de Noël 2024 de Laurène Petit
    • Whoogy’s
  • Des blogs de cuisine avec des chouettes idées :
    • François-Regis Gaudry (lien YouTube)
    • Free the Pickle
  • Des livres de cuisine
    • Ottolenghi, classique
    • Ceux de Angèle Ferreux Maeght
  • Où manger végétarien à Paris ?
    • Mure Restaurant
    • Le potager de Charlotte
    • Daimant Collective
  • Où manger végétarien à Marseille ?
    • L’Ecomotive
  • Où faire ses courses ?
    • En ligne : La Fourche
    • Chez Miyam à Paris
    • Les épiceries paysannes

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